Fort Boyard

C’est en 1661 que Colbert, à la demande de Louis XIV, fait  construire un fort entre les deux îles (Aix et Oléron). Mais, à cet endroit, se trouve un haut fond de sable (appelé longe de Boyard), rendant impropre toute construction solide et le projet est abandonné. Cette absence de défense permettra aux Anglais d’aborder et de mettre à sac l’île d’Aix en 1757, montrant ainsi la vulnérabilité de Rochefort. Un projet fut alors conçu en 1763, mais abandonné car trop coûteux.

En 1801, c’est Napoléon qui reprend l’idée de construire un fort sur la longe de Boyard. Mais il faut assoir la future construction sur des rocs. On va donc entreprendre de couler des blocs de pierre extraits des carrières locales. Boyardville servira de base terrestre pour cette gigantesque opération. La construction de l’enrochement ne peut être effectuée que quelques heures autour de la marée basse (à cause du courant) pendant la belle saison. De plus les rochers s’enfoncent dans le sable, sous leur propre poids. En 1809 la construction est ajournée.

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En 1841, les travaux reprennent, en utilisant une autre technique. On construit en effet sur place des caissons en chaux, que l’on coule ensuite. Cela permet aux travaux d’avancer rapidement et en 1848 les assises sont terminées.

La construction du Fort débutera dès l’année suivante et sera terminée 10 ans plus tard. Pourtant la portée des canons ayant augmenté, et l’Angleterre n’étant plus notre ennemi, ce projet aurait dû être abandonné.

Le fort fait 68 mètres de long et 31 de large pour 20 mètres de hauteur. Il est conçu pour soutenir un siège : des citernes de 300 000 litres, des soutes à munition, des magasins à poudre, 66 casemates, 74 canons. La garnison est composée de 260 hommes dont une cantinière, une blanchisseuse et deux cordonniers (alors que les chaussures ne devaient pas beaucoup s’user). La construction de ce Fort aura coûté l’équivalent de 140 km d’autoroute.

Une fois construit, le fort inutile ne reçoit pas l’armement prévu, mais des canons de 30. La garnison subit les tempêtes qui secouent le fort et dont les vagues détruisent les casemates et font tomber les canons. Un éperon est construit en 1866 pour séparer les vagues de façon à ce qu’elles ne frappent pas le fort de plein fouet. Le fort servira sous la commune de prison, il est abandonné par l’armée en 1913.

Il est alors la proie des voleurs de la région qui viennent se servir lorsque la mer en permet l’abordage. Les canons ont été vendus à deux ferrailleurs qui les détacheront à la dynamite ! En 1931, le fort est loué pour 300F par an, seuls deux adjudicataires seulement se présenteront. Pendant la seconde guerre mondiale, les allemands ne se serviront du fort que comme cible d’entraînement. En 1961 il est ensuite vendu aux enchères pour une mise à prix de 7500F. Il est vendu à Eric Aerts, dentiste habitant Avoriaz, pour 28 000F qui laissera le fort à l’abandon. En 1979, E. Aerts vendra le fort pour 1,5 millions de francs (belle plus-value !) qui est, après sa restauration, est utilisé pour les célèbres émissions télévisées.

Il connut un moment éphémère de gloire lorsqu’une scène (la scène finale) du film « Les aventuriers » (avec Delon et Ventura) fut tournée dans ce fort.

Désormais le fort a été réhabilité pour le jeu Fort Boyard

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